PEW : Let's take the floor - 30 septembre

Visuel "tittre" de la table ronde à la Paris Electronic Week

PEW : Let's take the floor - 30 septembre

On entend souvent parler de la place des femmes dans les musiques électroniques et de la nécessité d’une meilleure représentation. Si la question de la parité semble être un enjeu largement intégré, y compris au-delà des cercles militants, la représentation ne doit pourtant pas se limiter à la seule question du genre.

Adopter une vision universaliste de la lutte féministe, c’est-à-dire considérer la lutte comme un bloc monolithique dans lequel toutes les pratiques et les positionnements seraient les mêmes pour tous·tes, revient à faire abstraction des rapports de pouvoir qui s’appliquent dans la société. On peut se considérer comme féministe et lutter pour une meilleure représentation des femmes, tout en participant à des dynamiques d’oppression.

La lutte se veut réellement émancipatrice du moment qu’elle prend en compte les rapports de classe, la situation migratoire, l’héritage colonial et les multiples réalités qui déterminent nos trajectoires.

La question qui doit se poser est celle des barrières invisibles qui conditionnent l’accès à la pratique, à la professionnalisation et à la visibilité d’un projet artistique. Qui peut se lancer dans une carrière qui comporte des risques financiers importants ? Qui peut s’équiper en matériel, accéder à des formations ou bénéficier d’un réseau qui ouvre des portes ? Quels sont les moyens d’accès à la scène lorsque l’on ne vit pas dans une grande ville ? Sans compter l’ensemble des discriminations qui traversent également nos milieux : racisme, LGBTQIA+phobies, validisme et bien d’autres…

C’est ici que l’intersectionnalité prend tout son sens. Penser une scène réellement inclusive, c’est reconnaître que les discriminations ne s’additionnent pas, elles se croisent et produisent des réalités différentes selon chacun·e. C’est donc ces rapports de domination qu’il est essentiel de combattre pour lutter concrètement contre les inégalités qui traversent nos scènes.

avec Julie Lalloué (@consentisinfo, @federationfacile), @d.dangermami (@femmebassmafia), Laura Lewis-Paul (@saffronrecords), @rroxymore (artiste) et @sssensit1v